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LES TYPES DE BIERES

 

Les Trappistes.

Il existe 6 trappistes au monde, et elles sont toutes belges ; Orval, Chimay, Rochefort, Westmalle, Westvleteren et Achel.

Ce sont toujours des bières de haute fermentation conditionnées en bouteille.
Il y a trois conditions à remplir pour qu'une bière puisse utiliser l'appellation Trappiste :

- elle doit être brassée dans une abbaye cistercienne,

- le brassage doit se faire sous le contrôle de la communauté monastique,

- les bénéfices sont destinés au fonctionnement de l'abbaye et à des oeuvres sociales.

Les dénominations Trappiste et Bière Trappiste sont protégées depuis 1962. Le label "Authentic Trappist Product" est utilisé depuis 1997.

La Trappe de l'Abbaye de Koningshoeve aux Pays-Bas a perdu le droit d'utiliser ce label suite au non respect d'une de ces trois conditions. En effet, la production est désormais assurée par la brasserie BAVARIA.


Les Bières d'Abbaye

Bières Belges de fermentation haute, assez forte et dense, souvent refermentée en bouteille. Une bière d'abbaye peut être blonde, ambrée ou brune.
A ne pas confondre avec les Trappistes. Les bières d'abbaye ne doivent pas répondre à des conditions strictes comme les Trappistes. Il doit cependant exister un accord entre le brasseur et la communauté religieuse, ou l'autorité ecclésiastique (si l'abbaye n'existe plus), pour l'utilisation du nom contre le payement de royalties.

Tout comme il existe un label "Authentic Trappist Product", il existe désormais le logo "Bière d'Abbaye Reconnue". L'asbl "Brasseurs Belges" est propriétaire du logo et ne l'attribue qu'à ses membres.

Cependant, l'attribution de ce logo n'entraîne aucune obligation qualitative. Les Bières d'Abbaye non "homologuées" ne sont pas nécessairement de moindre qualité. Elles ne sont tout simplement pas au norme de l'asbl "Brasseurs Belges".

Le Lambic

Autre exclusivité belge... et encore, que dans certaines régions bien localisées permettant le processus de fermentation spontanée par des levures sauvages dans des bassins ouverts.

Après cuisson, le moût est versé dans un bac refroidisseur très large et peu profond, en général installé sous le toit. Là, il va refroidir à l'air libre durant une nuit. C'est à ce moment que le moût va être ensemencé par des levures sauvages dont les désormais célèbres Brettanomyxes Bruxellensis et Brettanomyxes Lambicus. Le moût ensemencé va être transféré en barriques de chêne ou il va fermenter et devenir lambic.

Le lambic est une bière acide, sans pétillant ni mousse, et tirant environ 5% Alc. Elle vieillit pendant un à deux ans. Son mélange donne entre autre la gueuze et ainsi que le faro, par adjonction de sucre.


Les Gueuzes

La gueuze est obtenue par le mélange de vieux et de jeunes lambics, reconditionnée en bouteille champenoise. Elle subit une refermentation (toujours sans ajout de levure) en bouteille d'au moins six mois. C'est cette refermentation qui lui apporte mousse et pétillant. Suite à de nombreux abus, les producteurs de gueuze ont obtenu une protection européenne: le label "Spécialité Traditionnelle Garantie". C'est ainsi que l'on ne trouve que des gueuzes produites traditionnellement et composées uniquement de lambic sous l'appellation "Vieille Gueuze-Oud Gueuze" (ex: Cantillon, Oud Beersel,...).


Le Faro

Le faro est un lambic auquel on a ajouté du sucre candi (et/ou du caramel). Ce n'est pas une bière très répandue car relativement artisanale.


La Kriek

La Kriek est un lambic dans lequel le brasseur a fait macérer des cerises pendant plusieurs mois. Environ 250 grammes de cerises par litre. Traditionnellement on utilisait la cerise de Schaerbeek, qui a une saveur acide. Sa raréfaction fait que l'on utilise également d'autres variétés de cerise du nord, voir du jus de cerise ou même des extraits au parfum cerise. Le succès de la kriek a amené les brasseurs à faire d'autres lambics aux fruits. C'est pourquoi on peut trouver : la framboise (traditionnellement utilisée avec la cerise), la fraise (Hanssens) et l'abricot (Cantillon). A côté de ces bières ils en existent également d'autres: pêche (Pêcheresse), mirabelle, cassis (Mort-Subite), ananas, banane (Chapeau)... pour lesquelles on utilise des substituts et non le fruit en entier.


Les Saisons

Il s'agit de bières assez légères et rafraîchissantes. L'origine de la bière ce situe dans les fermes (surtout en Hainaut) où l'on brassait durant l'hiver, afin de désaltérer les ouvriers saisonniers durant les moissons. Ce sont des bières refermentées en bouteille, généralement ambrées, surettes ou amères, et, normalement, jamais sucrées.


Les Vieilles Brunes

Dans ce cas il s'agit d'une spécialité flamande. Ce sont des bières de fermentation mixte. Une première fermentation de type haute donne une bière qui va être conservée de 18 à 24 mois dans d’immenses fûts en chêne. Pendant cette garde la bière subit une "fermentation spontanée" qui lui donnera une certaine acidité. Ensuite elle est mise en bouteille comme telle (ex: La Rodenbach Grand Cru), ou elle est coupée avec une bière plus jeune (ex: La Rodenbach).

Les Bières Blanches

Bière belge à base de froment, souvent aromatisée aux épices. Non filtrée, elle se distingue par son trouble et son goût un peu acidulé.


Les Pils

Ce mot tire son étymologie de la ville de Pilsen, en Tchécoslovaquie, où ont été élaborées historiquement les premières bières blondes de basse fermentation. Fermentation plus longue, sèche au palais, le terme Pilsener ou Pilsner, en allemand, est plus qualitatif et s'emploie pour une bière bien houblonnée. Un label de qualité pour les meilleures pils : "Premium verum".


Les Ales

Bière de haute fermentation et moyennement alcoolisée. Dans les pays britanniques, ces bières sont filtrées et non pasteurisées, elles ont une courte durée de consommation. Une ale peut être pale, plutôt cuivrée, une mild, peu forte et peu houblonnée, ou encore une bitter, un stout ou un barley wine.


Barley Wine

Ce terme qui signifie “vin d'orge”, s'applique, en Grande-Bretagne, aux ales les plus fortes et les plus denses.


Bitter
Type d'ale le plus courant en Angleterre, qui se caractérise par une amertume assez prononcée. Elle est surtout consommée dans les pubs. Couleurs ambrée à orangée.

Les Stouts

Bière britannique, très touraillée, complètement noire, de haute fermentation. Pour cela, la quantité d'orge utilisée par litre de bière doit être importante. On arrive ainsi à une espèce de caramélisation du sucre. Le style irlandais est très sec et dense, sans être fortement alcoolisé, alors que le style anglais est beaucoup plus doux et rond. La plus connue des stouts est la Guinness.

La Bière
Primeur

La bière de mars : c'est la première de l'année, brassée avec l'orge récoltée en automne, fermentée avant l'hiver, et se repose jusqu'en Mars, c'est alors que l'on peut déguster la bière nouvelle. A l'origine, cette bière était destinée à être consommée avant les premières récoltes de l'été.


La Bière de Noël

Une des bières saisonnières les plus anciennes. Brassée avec les premières récoltes d'orge, elle était disponible pour les fêtes de fin d'année, d'où son nom.


Les Bocks

Bière forte en alcool, souvent foncée, de basse fermentation. A l'origine, elle était faite avec du blé (XIIIième Siècle), maintenant le blé et l'orge sont mélangés. Ne pas confondre avec le mot “bock” utilisé en France, qui s'applique à une bière très légère (en dessous de 3,5°).


Les Eisbocks

Bière très forte de type bock dans laquelle le taux d'alcool est élevé par congélation de l'eau, puis extraction de la glace ainsi obtenue.

Les Doubles Bocks

Bière très forte car elle a un fort pourcentage de céréales, il y a donc plus de sucres qui se transforment en alcool. Les moines franciscains sont à l'origine de cette bière que l'on considérait comme du pain liquide. La marque se termine souvent par un suffixe en “-ator”.


Les Bières fumées

Avant, on n'avait pas les moyens de chauffer les immenses bassins qui contenaient la bière. Pour réchauffer le liquide, des pierres chaudes chauffées "à blanc" étaient plongées dans le bassin. Les sucres et levures se collaient à la pierre, donnant à la bière un goût fumé. D'autres bières ont un goût fumé du maltage par le séchage au bois de hêtre. Spécialité de la région de Bamberg.

Les Lagers

A l'origine, terme allemand signifiant “garder”, en rapport avec la garde au froid pratiquée pour les bières de fermentation basse. Désigne aujourd'hui toute bière courante de fermentation basse, le plus souvent blonde. Mais il existe des variétés foncées en Allemagne.


Les Bières sur Lie

Dépôt de levure que l'on retrouve dans les bières refermentées en bouteille, assez courantes en Belgique.

 

Les Bières de Luxes

Terme administratif utilisé en France pour des bières tirant entre 4° et 5°. N'a aucune valeur qualitative.


Les Porters

Bière brune, assez amère, haute fermentation, très sombre et bien houblonnée, en voie de disparition. Seuls quelques brasseurs à Londres en font encore.

Les Purs Malt

Ce terme recouvre, en France notamment, des bières brassées uniquement à base d'orge maltée, sans adjonction de maïs, de riz ou de sirop de maltose comme cela se fait pour la plupart des bières de fermentation basse.


Les Bières Sans Alcools

Dénomination qui s'applique à toute bière contenant moins de 1% d'alcool en volume. Une variété d'un tel type peut être blonde, ambrée ou brune.

Les Bières Spéciales

Terme administratif utilisé en France pour toute bière titrant plus de 5% d'alcool, quel que soit le style. En Belgique, est utilisé pour toute bière autre que les pils et les gueuzes.


Weisse- Weizenbier

Bière allemande à base de froment et d'orge. Spécialité de Berlin et de Brême, ainsi que de toute la Bavière et du pays de Bade. Assez différente de la blanche belge, elle est plus dorée et parfois carrément sombre. Bière très désaltérante, consommée surtout en été.

 

PETITE HISTOIRE DE LA BIERE

  

Antiquité

Tout commence à Sumer

L'histoire de la bière est intimement liée à celle de ses ingrédients ainsi que des avancées technologiques qui firent de cette boisson le breuvage que l'on connaît aujourd'hui. Les premières cultures de céréales, et notamment de l'orge et de l'épeautre (une variété de blé), ont été attestées en 8000 avant J.-C. en Mésopotamie. Tous les ingrédients étant disponibles à partir de cette époque là, la bière pouvait exister et l'on estime son invention/découverte à 6000 avant J.-C. Cependant, les preuves formelles de son existence, découvertes dans la province de Sumer, remontent à quatre millénaire av. J.-C. À cette époque, la bière, alors appelée «sikaru» (dont la traduction littérale est pain liquide) était à la base de l'alimentation quotidienne. On la fabriquait par cuisson de galettes à base d'épeautre et d'orge que l'on mettait à tremper dans de l'eau, afin de déclencher la fermentation nécessaire à la production d'alcool, et que l'on assaisonnait avec de la cannelle, du miel ou toutes autres épices en fonction des préférences des clients. La bière, connue des peuples de Chaldée (maintenant Irak, Koweït) et d'Assyrie (Syrie, Liban, Israël), devenue monnaie d'échange, commença sa dissémination.

La conquête de l'Égypte

Arrivée depuis la Babylonie, la « sikaru » renommée « zythum » (dont la traduction littérale est vin d'orge) fut très appréciée des Égyptiens. Selon la légende, le brassage fut enseigné par le dieu Osiris, symbole de l'agriculture, et bénéficiait de la protection d'Isis, la déesse de l'orge. Ramsès II, que l'on surnommait le pharaon brasseur, contribua positivement à l'implantation durable de la bière et à la pérennité des toutes premières brasseries. À cette époque, le moût était mis à fermenter dans des pots de terre semi-enterrés.

En plus de ses qualités nutritionnelles, la bière était également utilisée de façon médicale contre les migraines et certaines infections. Les femmes l'utilisaient comme produit de beauté pour leur peau.

Le pourtour méditerranéen

Contrairement à ce que l'on pensait, la bière a rapidement infiltré le pourtour méditerranéen (durant le premier millénaire avant J.-C.). On en retrouve les traces en Grèce, en Ibérie, dans le sud de la Gaule et dans tout l'Empire romain, mais on lui préféra le vin, boisson noble par excellence, partout à l'exception des contrés reculées, moins ensoleillées et moins propices à la culture de la vigne.

L'Europe continentale

Grâce à leurs multiples expéditions, les peuples du nord de l'Europe découvrirent la bière. Appréciée pour son goût et par son degré d'alcool assez élevé, la bière ne rencontra aucune résistance de la part de la vigne et s'implanta durablement au-delà de ces latitudes aux précipitations idéales à la culture de l'orge et du houblon. C'était le temps de la cervoise ](ou cervesia) tant appréciée des celtes et des gaulois (qu'ils appelaient korma), par ailleurs inventeurs des tonneaux. Le brassage était une opération familiale généralement réalisée par la femme.

 

Moyen Âge

Contributions monastiques

Le Moyen Âge apporte une certaine reconnaissance à la bière. La tradition monastique veut que les moines assurent le gîte et le couvert aux gens de passage. À cette époque, les moines vont mener à bien de multiples expérimentations sur les techniques de fabrication et l'aromatisation. On pouvait trouver toutes sortes de goûts même les plus excentriques comme la bière à l'écorce de chêne ou la soupe de bière. C'est ainsi que Hildegarde de Bingen (1099-1179) découvrit les vertus aseptisantes et conservatrices du houblon (ainsi que son amertume) et les moines développèrent donc sa culture. C'est également à cette époque que la fermentation basse est inventée dans les monastères, toujours grâce au houblon aseptisant et aux multiples caves de ces lieux. En plus d'assurer les besoins de la communauté monastique, les surplus de production permettait de tirer des revenus supplémentaires. [ ; . Le succès de la bière engendre la formation de diverses guildes. Ce corporatisme aura un certain poids dans la société de l'époque. Cependant, les moyens techniques de l'époque ne permettaient pas d'exporter la bière et c'est à la fin du XIIIe siècle, que l'on attribue à Gambrinus (ou Cambrinus) la diffusion de la bière hors d'Allemagne. C'est en 1259 qu'apparaît le premier brasseur de métier.

Naissance officielle de la bière

Il faudra attendre le XVe siècle et Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, pour voir l'utilisation du houblon prendre de l'ampleur. Ce dernier imposa en effet le houblon comme arôme principal de la bière, stabilisant un peu plus son goût. Jean Sans Peur meurt en 1419 après avoir créé l'ordre du Houblon. Un édit en 1435 impose cette recette et le mot bière apparaît pour la première fois.

 

Période contemporaine

La période contemporaine, en particulier le XIXe siècle, a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la bière.

La révolution industrielle apporta de nombreuses évolutions à la production de la bière. Jean Louis Baudelot de Sedan inventa en 1856 un refroidisseur de moût grâce auquel on pourra désormais fabriquer de la bière toute l'année, Hansen identifia les levures, Watt construisit sa machine à vapeur. En 1873, Louis Pasteur préconisa l'élévation de la température pour éliminer les germes indésirables contenus dans la bière (pasteurisation). Et enfin, en 1870, Carl von Linde (1842-1934) inventa la machine frigorifique qui permettra l'expansion de la fermentation basse, jusqu'alors cantonnée à la Bavière depuis le XVe siècle, à travers le Monde.

Toutes ces évolutions ont permis d'obtenir une bière propre, limpide, de qualité égale et l'expansion du chemin de fer assura le transport dans toutes les régions. En 1870, l'Alsace envoyait ainsi chaque jour un train entier de bière vers Paris. Les brasseurs durent s'industrialiser. Des milliers de brasseries fermèrent dans toute l'Europe, remplacées par des établissements de plus en plus gigantesques, comme à Sedan, Pilsen, Milwaukee, Strasbourg, Dublin, Amsterdam. La concentration de ces brasseries crée les grands groupes que nous connaissons aujourd'hui, comme InBev, BDF, Heineken, Foster's, Guinness.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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